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FandiBri - Et bonne lecture à vous (ça vous aidera peut être à dormir ^^)

Apprenons à mieux nous connaître Présentation
15 déc 2023 à 21h

Bonjour,

J'ai 51 ans, pas loin des 52. J'écris ça et je me dis "la v**** t'es si vieille que ça?????". Dans ma tête, je n'ai pas cet âge-là. Loin de là. C'est dur les chiffres. Et ça ne veut pas dire grand chose en fait.

Mes insomnies ont commencé... En fait, ai-je jamais eu un moment sans insomnie ? Oui, sûrement, mais je ne me rappelle pas trop quand. Avant le CM2 sûrement. Ou peut être avant mes 7 ans. Il y a des chiffres comme ça, ça marque quand même.

Je me rappelle de nuits à réfléchir sur :

- l'immensité de l'espace et aux vertiges (ouep, au pluriel^^) que cela créé de se voir si petite chose dans une immensité tellement grande que je n'arrive toujours pas à la conceptualiser. Et dire que cette petite chose que j'étais, et que je suis toujours, à l'échelle, est malgré tout un géant au regard d'autres choses encore plus petites - et allez savoir s'il n'y a pas encore plus petits que le plus petits que nous connaissons actuellement. Alors bon, une nuit sans beaucoup de sommeil, est-ce si grave. ça va être dur le collège demain pis je dormirai mieux demain. Peut-être.

- le bouquin est trop bien. En plus, le lire à la sauvette ça rajoute du piment à ce polar ou ce roman d'aventure. Eteindre la lumière quand les parents viennent vérifier que l'on dort. Faire semblant de dormir (avec un peu de chance, ils y ont cru). Les entendre partir et refermer la porte. Attendre un peu, le temps d'être sûre qu'ils soient eux aussi allés dormir et rallumer la lampe pour continuer la lecture jusqu'à ce que les yeux n'arrivent plus à suivre les lignes et que les mots se mélangent et qu'il faut donc vraiment arrêter là (dommage). Oups, il est 3h00 du matin.... Je vais pas être fraîche demain au collège.

- sur ce qui a pu arriver dans la journée, comment j'aurais dû réagir quand on m'a dit ça, pourquoi je n'ai pas dit ça au lieu dire ce que j'ai dit ou pourquoi je n'ai rien dit alors que j'aurais dû dire quelque chose !

- Ok, il est 23h00, les partiels sont dans 3 jours mais il me reste encore trop de chapitres. Faut que je continue. Café, pull, on continue au moins 2h00. Et en plus ça ne rentre pas. Va falloir y passer plus longtemps. Ok, café, accroche-toi, tu vas y arriver.

- cette maladie qui me pourrit la vie depuis 2009. La vie pro, la vie sociale. En fait non, pas temps que ça, j'en ai plus de vie pro ou de vie sociale. Il y a beaucoup de choses qui disparaissent quand vous êtes intolérants aux produits chimiques (parfums, produits d'entretien....). A commencer par ce que vous pensiez être les pôtes. Puis le boulot. Et ensuite, le fric évidemment. Et pour finir l'avenir, simplement. ça en fait des nuits à se voir nul part, à l'écart de tout et de tous parce que cette maladie n'est pas connue et que l'on vous prend, dans le meilleur des cas, pour une affabulatrice. Alors il reste le temps pour gérer la douleur, les nuits de suffocation, les appels au 15, l'hôpital qui vous dit que c'est juste du stress. Tu m'étonnes qu'il y a du stress : cela fait 3 mois que j'ai une bronchite asthmatiforme, que j'ai toujours de plus en plus de mal à terminer mes phrases par manque de souffle. Alors oui Médecin Urgentiste, que je stresse un peu quand je viens te voir en n'arrivant même plus à articuler plus d'une syllabe à la fois. Mais si c'était du stress, pourquoi tu me files 1g de cortisone pendant 8 jours. Depuis le temps, je sais bien que la cortisone n'aide pas, loin s'en faut, à gérer le stress. Et en plus tu me renvoie chez moi. C'est sympa ! Même l'infirmière quand je vais payer la note me demande si ça va aller. A ton avis ? Bien non, ça va pas aller, mais le Doc me renvoie chez moi. Dans une heure, le temps de faire le chemin qui en prend 20/25 habituellement, je pourrai me coucher. Zut, faut passer chez le pharmacien. Il faut que j'achète la cortisone, je dois la prendre en rentrant. Que voulez-vous que je réponde au pharmacien qui, après ce foutu trajet, me demande, plein de pitié, s'il faut appeler les pompier parce "Madame vous n'avez vraiment l'air de pas allez bien". Toujours une syllabe à la fois j'explique que je sors de l'hôpital. Je suis trop à bout de tout pour recommencer le parcours du combattant que je fais depuis 3h00. Et en pleurs, d'épuisement physique, psychique et de lassitude, de le supplier de le laisser partir. Oui, ça ira bien (en même temps, s'il se passait quoique ce soit, serait-ce si dramatique???) j'en peux plus, j'ai plus de force, plus la force de rien là maintenant. Il faut juste que je m'allonge. Laissez-moi rentrer j'en ai pour 10 minutes (normalement 3 suffiraient). Je vois bien qu'il est pas convaincu et qu'il hésite vraiment. Mais chacun sa m*****, moi j'ai 10 minutes de "marche" à faire en me tenant aux murs. Et il n'y a pas des murs partout !

- sur tel ou tel traumatisme et les cauchemars qu'ils me font faire dès qu'un évènement de la vie pro et perso les approches d'un peu trop près. Avec ses réveils en sursaut à 2h00/3h00 ou 4h00 du matin, terrifiée, le coeur à 120, les draps trempés de sueur, pas de souvenir du cauchemar sauf son empreinte sournoise et violente, cette peur chevillée aux tripes. C'est même plus de la peur d'ailleurs. Il fait noir, c'est bien, ça cache les choses. Mais ce silence, ça augmente la terreur. Alors je mets la radio. Il m'a fallu  longtemps pour trouver cette astuce afin de pouvoir retrouver quelques heures de sommeil vers 5/6h00 du matin. Dommage, faut se lever à 7h00. Enfin, c'est à cette heure que je me serai levée si j'avais entendue, le téléphone portable qui sonne toutes les 10 minutes depuis 6h30, la chaine hifi qui, elle aussi, se met en route à 6h30 et l'aube artificielle qui s'allume doucement dès 6h00. Je ne capte rien avant qu'il soit 8h00/8h15 bien tassé. Et là c'est l'électrochoc (enfin, quand je ne suis  pas trop épuisée), je dois partir dans 15 minutes. Il y a comme un effet adrénaline. Le réveil est instantané. Tombée du lit, jetée sous la douche, enfilage de fringues, les baskets, le sac. Il est 8h40. C'est encore jouable si la vague verte est avec moi. Ciao ! Petit sprint pour chopper le premier bus que je croise. Aie, nan, je peux pas courir. M***** j'ai oublié le portable. Tant pis, pas le temps, je ferai sans. Je clodique jusqu'au premier bus que je croise et c'est parti pour 45 min à 1h00 de somnolence dans 3 bus pour arriver à un boulot de #@?! où je vais carburer au stress (galère les clients, la hiérarchie, les collègues) et au café. Et aux Twix. Bon faut pas exagérer, il m'est arrivé d'arriver à me réveiller plus tôt. Oui, et même bien plus souvent. Ok, d'accord, il m'est aussi arrivée de me réveiller plus tard encore.

- Maintenant ça va. Enfin, si l'on peut dire. C'est le chômage. Depuis le mois de juin. Pendant 2 ans max. Après je serai "une-feignasse-qui-veut-pas-travailler-et-qui-l'est-déjà-d'ailleurs, bref, une profiteuse du système" selon certains. J'ai encore de la chance d'être "d'orgine" française. On ne sera pas tenté de m'asséner un "rentre dans ton pays si tu ne veux pas travailler !" en plein g*****. Pour le moment, plus le stress de louper le réveil. Plus de stress quand je m'endors à 2h00 ou 3h00. Je ne culpabilise même plus d'arriver à m'endormir entre 2 et 3h00 du mat. Plus de stress quand je me réveille la nuit (1 fois, deux fois, trois fois, quatre fois, j'arrête de compter, ça déprime). Ces derniers temps ça va même plutôt bien, j'arrive même à me réveiller régulièrement entre 8h30 et 9h15 (la chaîne s'allume toujours  6h30 du matin mais je ne l'entends, ou plutôt je ne prends conscience de son son qu'entre 8h30 et 9h15). Plus de stress quand j'ai des journées à -2 de tension parce que je n'arrive pas à émerger. Enfin, je dis ça. ça va. ça va pas tant que ça en fait. Comment je peux rechercher un boulot dans ces conditions ? En même temps, je sais bien qu'avec ma maladie, personne ne veut m'embaucher. Mince, là je vais commencer à tourner en boucle.

 

Voilà bien mes 40 ans d'insomnie résumé en quelques (ha ouais ? Quelques t'es sûre ?!) lignes. Je crois que c'est assez fidèles même si ça n'est pas encore exhaustifs.

Au cours de toutes ces années, j'ai essayé de prendre quelques médocs de médecin (4 ou 5). De quelques jours (les vomissements, c'est red flag immédiat) à prêt de 2 ans pour le plus long (l'impression d'être bridée, manque d'énergie physique et intellectuel, en douceur. Ce n'est même pas moi qui m'en suis rendue compte. On me l'a fait remarqué. Mais c'était vrai. Pis de toute façon, ça avait de moins en moins d'effet.)

Du coup, je me suis mise à la mélatonine. Pas de dépendance, pas d'accoutumance. C'est ce que me disait le pharmacien. C'est vrai que c'est miraculeux la mélatonie. Oui, sauf qu'en moins d'un moins, j'ai recommencé à mettre plus de temps à dormir, à me réveiller à nouveau dans la nuit et très tôt le matin. Alors moi, je dis, si ! Il y a accoutumance, dans le cas contraire, le sommeil se serait maintenu. Non ? Et évidemment qu'il y a dépendance : faire des nuits correctes, c'est une vraie drogue ! Bin si, un peu quand même, non ?!

Ensuite, je suis passée aux plantes. Légales les plantes. Aubépine, passiflore, valériane, mélisse, pavot de Californie (non, rien à voir avec l'autre). Celui-ci, il a un nom que je n'arrive même pas à prononcer : il y a plein de c,h,z,t,h, un e, un o et un a (quand même, avec un peu plus de voyelles ça aurait pu aider).... et il paraît que ça fait un mot. Que certains arrivent à prononcer ! J'ai abandonné ! J'ai d'autres combats ! Gober minimum 5 gélules (je suis certaine d'en avoir oublié) chaque soir, c'est pas le plus dur. Le plus compliqué c'est le budget.

Alors je suis passée aux infusions : camomille, bonne nuit, nuit sans stress, tilleul, orange. Jusqu'à 4 sachets par tasse. C'est sympa. Sauf que faut se lever la nuit. J'ai un pôte, enfin, j'avais un pôte, qui appelait ça des "pisse-mémés". C'est vrai qu'il faut se lever la nuit. Mince j'avais pas 45 ans à l'époque. Déjà mémé. Et j'ai même pas de gosses !!!!!

Bref, j'ai fini par tirer un trait sur tout ça.

Je dors (et c'est même pas garanti que je sois reposée au réveil) tant mieux, je dors pas, il va falloir que je tienne le coup jusqu'au samedi. Parce que le samedi, ça a pu être, genre, 4 heures d'éveil entre le couché du vendredi soir (enfin, plutôt le samedi matin d'ailleurs) et le réveil du dimanche. Le truc, c'est que l'on se sent en forme le dimanche, puis ça décline de plus en plus jusqu'au samedi suivant.

Et évidemment, ça fout en l'air la moindre tentative d'organisation que vous voulez mettre en place. Les courses, c'est trop tard, tout est fermé sauf les magasin où la tranche de jambon 1er prix fait 5 €. Le ménage, reste le dimanche (enfin, quand il n'y a pas les bobos au dos). Bref, pas possible de faire en 12h00/14h00 ce que vous n'avez pas réussi à faire pendant la semaine et le samedi.

J'ai tenu le coup ces deux dernières années. Enfin, si l'on peut dire.

Maintenant que je suis au chômage et que l'on me demande, avec l'accord du Pôle Emploi (oui Môssieur !) de prendre soin de moi, je me suis dit que participer à TheraSomnia devrait être quelque chose que je peux mettre en place en plus de l'accompagnement dont je bénéficie pour mon projet professionnel.

Alors voilà, je suis là, après 6 mois de cogitation. Je franchi le cap. Je me lance. Dubitative mais pleine d'optimisme et d'espoirs.

J'espère avoir des conseils très pratico-pratiques pour mettre en oeuvre les supers bons conseils que l'on entend partout : détends-toi (comment dire....), prends tu recul (et tu fais ça comment toi ? Hum... dis tonton, pourquoi tu changes de sujet ?), arrête les écrans 3 heures avant de te coucher (dis, tu crois que si je vais sur les écrans jusqu'à ne plus pouvoir garder les yeux ouverts et réfléchir y a pas une raison ? Oui, mais tu sais Brigitte, la lumière bleue... M***e la lumière bleue, j'ai mis tous mes écrans en éclairage nocturne. Le blanc n'existe pas sur mes écrans, il n'y a que des nuances d'oranges. 50 shades of orange. Orange is the new white. Je suis sûre que ça te parle ça, hein ?!. Alors me les c*ass*e pas avec tes écrans et la lumière bleue, d'accord ?!)

Finalement, c'est un peu un bout d'une dernière chance que je viens chercher ici. Je n'en peux plus. J'ai besoin de dormir. De dormir bien. D'être reposée après une nuit de sommeil. De dormir à des heures normales (je rêve (comme t'es drôle Brigitte, tu "rêves"...) de 22h30 - 6h00).

J'ai 51 ans. Pas loin de 52. Et j'ai encore au moins ce rêve. Pour quelques moi encore. Soit ça deviendra une réalité, soit...

Au fait, FandiBri, ça mon mélange à moi pour dormir.

"Fan di" ça veut dire "Dors bien" en Thaï et Bri, vous l'aurez compris, c'est moi !

 

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