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Peur de ne pas dormir : pourquoi elle entretient l’insomnie et comment s’en libérer ?

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La peur de ne pas dormir apparaît souvent après plusieurs nuits difficiles. Avant même de se coucher, la personne anticipe une nouvelle insomnie, surveille son niveau de fatigue et redoute les conséquences du manque de sommeil le lendemain. Cette inquiétude augmente l’état d’éveil et peut rendre l’endormissement encore plus difficile.

Un cercle vicieux s’installe alors : moins la personne a confiance dans son sommeil, plus elle cherche à le contrôler. Or, plus elle essaie de dormir à tout prix, plus elle reste attentive au fait qu’elle ne dort pas encore.

La peur de ne pas dormir ne désigne pas toutes les formes d’angoisse du coucher. Elle ne correspond pas, par exemple, à la peur du noir, de la solitude ou des cauchemars. Elle désigne plus précisément la crainte de ne pas réussir à dormir et d’en subir les conséquences le lendemain.

Pourquoi cette peur peut-elle entretenir l’insomnie ? Comment réduire la pression qui entoure le sommeil ? Et dans quelles situations est-il utile de se faire accompagner ?

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Femme éveillée dans son lit la nuit, préoccupée par la peur de ne pas dormir.
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Pourquoi peut-on avoir peur de ne pas dormir ?

Après plusieurs mauvaises nuits, le cerveau peut progressivement associer le coucher à une expérience négative. Le lit, qui était auparavant un lieu de repos, devient l’endroit où l’on risque de rester éveillé, de ruminer ou de ressentir de la frustration.
Cette appréhension peut apparaître dès la fin de la journée :

  • « Et si je ne dormais pas encore cette nuit ? »
  • « Est-ce que je suis suffisamment fatigué pour m’endormir ? »
  • « Comment vais-je réussir à travailler demain ? »
  • « Est-ce que je vais encore me réveiller en pleine nuit ? »

Le sommeil devient progressivement un sujet d’évaluation. La personne surveille son état de fatigue, cherche les signes de somnolence, vérifie régulièrement l’heure et estime ses chances de réussir à dormir.


Cette surveillance maintient le cerveau dans un état d’alerte, alors que l’endormissement nécessite au contraire une diminution progressive de l’attention et de la vigilance.


On parle parfois d’anxiété du sommeil pour désigner cette inquiétude spécifiquement centrée sur la capacité à dormir et sur les conséquences anticipées d’une mauvaise nuit.


Le modèle cognitif de l’insomnie développé par Allison Harvey1 montre que les préoccupations excessives concernant le sommeil, l’hypervigilance et l’attention portée aux signes de fatigue peuvent contribuer au maintien de l’insomnie.

 

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Comment la peur de ne pas dormir entretient-elle l’insomnie ?

Une nuit difficile peut arriver à tout le monde. Elle peut être liée à une période de stress, à un changement d’horaires, à une maladie, à un événement de vie ou à un environnement inhabituel.

Le problème apparaît lorsque cette mauvaise nuit est interprétée comme le signe que le sommeil est devenu incontrôlable ou durablement perturbé.

Schéma du cercle vicieux entre peur de ne pas dormir, hypervigilance et insomnie.

 

Une ou plusieurs nuits difficiles

Le processus débute souvent par un endormissement plus long que d’habitude, des réveils nocturnes ou l’impression d’avoir eu un sommeil peu réparateur. La fatigue ressentie le lendemain est réelle et peut être désagréable. La personne commence alors à s’interroger sur la nuit suivante.

L’anticipation d’une nouvelle insomnie

À mesure que la journée avance, l’attention se tourne vers le sommeil :

  • « Et si cela recommençait ce soir ? »
  • « Il faut absolument que je dorme cette nuit. »
  • « Deux mauvaises nuits de suite seraient impossibles à supporter. »

Cette anticipation augmente progressivement la tension émotionnelle avant même le coucher.

L’hypervigilance au moment de se coucher

Le soir venu, la personne se met à surveiller son propre sommeil. Elle observe ses sensations corporelles, mesure sa fatigue, cherche à savoir si elle est suffisamment détendue et vérifie si le sommeil commence à arriver.
Cette attention excessive entretient l’activité cognitive. Au lieu de laisser le processus d’endormissement se produire naturellement, la personne reste mobilisée par une question : « Est-ce que je vais réussir à dormir ? »

L’endormissement devient plus difficile

Sous l’effet de cette activation mentale, les pensées se multiplient et le sommeil tarde à venir. Certaines personnes finissent par s’endormir, mais se réveillent ensuite au cours de la nuit.
Le réveil nocturne est alors immédiatement interprété comme une nouvelle preuve que leur sommeil est défaillant. Elles regardent l’heure, calculent le nombre d’heures restantes et anticipent une journée difficile. Cette réaction augmente à nouveau l’état d’éveil.
 

La mauvaise nuit confirme la crainte initiale

Au réveil, la personne peut se dire :

  • « Je le savais, je ne suis plus capable de dormir. »
  • « Mon sommeil est complètement déréglé. »
  • « Cela va encore recommencer ce soir. »

La nuit semble confirmer la croyance de départ. L’appréhension de la nuit suivante augmente, ce qui prépare un nouveau cycle d’inquiétude et d’hypervigilance.

Le modèle comportemental et neurocognitif de l’insomnie décrit par Michael Perlis et ses collaborateurs1 souligne le rôle de l’activation mentale, des associations négatives avec le lit et de l’attention excessive portée au sommeil dans le maintien de l’insomnie.

 

Quelles pensées renforcent la peur de ne pas dormir ?

Les difficultés de sommeil ne dépendent pas uniquement de la durée réellement dormie. La manière dont la personne interprète sa nuit joue également un rôle important. Certaines pensées augmentent la pression ressentie au moment du coucher.

« Je dois absolument dormir huit heures »

Les besoins de sommeil ne sont pas identiques pour tout le monde. Ils peuvent aussi varier selon l’âge, l’état de santé, l’activité quotidienne ou les périodes de la vie.

Se fixer une durée rigide transforme chaque minute d’éveil en échec. L’objectif n’est plus de se reposer, mais d’atteindre un nombre précis d’heures. Cette exigence peut rendre le sommeil plus difficile en créant une pression de résultat.

« Si je dors mal, ma journée sera fichue »

Une mauvaise nuit peut provoquer de la fatigue, une baisse de vigilance ou une plus grande irritabilité. Il ne s’agit pas de nier ces effets.
Cependant, il est difficile de prévoir avec certitude l’ensemble de la journée à partir de la seule qualité perçue de la nuit. Certaines personnes constatent qu’elles peuvent malgré tout assurer une partie importante de leurs activités, parfois mieux qu’elles ne l’avaient anticipé.

Considérer d’avance toute la journée comme perdue augmente la menace associée à la nuit suivante.

Je ne vais jamais tenir demain »

Cette pensée projette immédiatement la personne dans le scénario le plus difficile. Elle focalise l’attention sur les problèmes potentiels plutôt que sur les adaptations possibles : réorganiser certaines tâches, prendre davantage de pauses ou alléger temporairement les activités qui demandent le plus de concentration.

La fatigue reste inconfortable, mais elle n’implique pas systématiquement une incapacité totale à fonctionner.

« Je suis en train de perdre le contrôle »

Le sommeil ne se commande pas directement. Il est donc fréquent de ressentir une perte de contrôle lorsqu’on cherche à dormir sans y parvenir.

Pourtant, ne pas réussir à s’endormir à un moment donné ne signifie pas que le mécanisme du sommeil est définitivement altéré. Cette interprétation augmente surtout le sentiment d’urgence et la surveillance du sommeil.

« Je ne retrouverai jamais un sommeil normal »

Lorsque l’insomnie dure depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, il est compréhensible de se décourager. La personne peut généraliser ses difficultés actuelles et les considérer comme irréversibles.
Les travaux de Colleen Carney et Jack Edinger2 montrent que certaines croyances rigides ou excessivement négatives concernant le sommeil sont associées à l’insomnie . Le travail thérapeutique ne consiste pas à remplacer ces pensées par un optimisme artificiel, mais à les rendre plus réalistes et moins menaçantes.

Pourquoi vouloir dormir à tout prix ne fonctionne-t-il pas ?

Face à l’insomnie, la réaction la plus naturelle consiste à essayer davantage de dormir. La personne se couche plus tôt, reste plus longtemps au lit, recherche activement les signes d’endormissement et essaie de chasser les pensées qui l’empêchent de dormir.


Pourtant, le sommeil est un processus biologique spontané. On peut préparer les conditions favorables à son apparition, mais on ne peut pas ordonner directement à son cerveau de s’endormir.
Lorsqu’une personne essaie activement de provoquer le sommeil, elle se met souvent à vérifier si son effort fonctionne :

  • « Est-ce que je commence à m’endormir ? »
  • « Pourquoi suis-je encore éveillé ? »
  • « Depuis combien de temps suis-je couché ? »
  • « Combien d’heures me reste-t-il ? »

Cette vérification maintient précisément l’attention sur l’éveil. Le psychologue Daniel Wegner a décrit un phénomène comparable dans sa théorie des processus ironiques du contrôle mental1 . Lorsqu’une personne cherche à éviter une pensée ou à provoquer volontairement un état mental, son esprit vérifie continuellement si l’objectif est atteint.

Appliqué au sommeil, ce mécanisme explique pourquoi la volonté de dormir à tout prix peut maintenir l’éveil : plus la personne cherche à vérifier qu’elle s’endort, plus elle constate qu’elle est encore éveillée.

Que faire quand on a peur de ne pas dormir ?

L’objectif n’est pas de trouver une nouvelle technique permettant de contrôler parfaitement le sommeil. Il s’agit plutôt de réduire les comportements et les pensées qui entretiennent involontairement l’état d’alerte.
 

Remplacer « je dois dormir » par « je prépare le sommeil »

Se donner pour objectif de dormir à une heure précise crée une obligation dont le résultat n’est pas directement contrôlable. Il est plus utile de se concentrer sur des actions concrètes :

  • ralentir progressivement le rythme de la soirée ;
  • diminuer les activités très stimulantes ;
  • préparer un environnement calme ;
  • pratiquer une activité reposante ;
  • conserver des horaires relativement réguliers ;
  • attendre les signes de somnolence avant de se coucher.

Au lieu de : « Je dois impérativement dormir à 23 heures »
Essayer : « À partir de 22 h 30, je réduis les stimulations et je prépare les conditions favorables au sommeil. »

Le premier objectif impose un résultat. Le second porte sur un processus que l’on peut réellement mettre en œuvre.
 

Arrêter de calculer les heures restantes

Regarder l’heure pendant la nuit semble parfois rassurant. En pratique, chaque consultation de l’horloge peut provoquer un nouveau calcul : « Il ne me reste plus que cinq heures », puis « quatre heures trente », puis « quatre heures ».


Ces calculs transforment la nuit en une évaluation permanente. Ils peuvent également accentuer une perception négative du sommeil, car la personne retient principalement les périodes pendant lesquelles elle s’est sentie éveillée.


Cacher l’horloge, retourner le réveil et éviter de consulter son téléphone pendant la nuit permettent de limiter les informations qui alimentent l’inquiétude. L’objectif n’est pas d’ignorer complètement le temps, mais de ne plus l’utiliser comme un indicateur permanent de réussite ou d’échec du sommeil.
 

Prévoir un plan calme en cas d’éveil prolongé

Rester longtemps au lit en essayant de lutter contre l’éveil peut augmenter la frustration. Progressivement, le lit risque d’être associé à l’attente, aux ruminations et à la recherche anxieuse du sommeil.


Lorsque l’éveil se prolonge et que la tension augmente, il peut être utile de se lever temporairement. La personne peut rejoindre un endroit calme, conserver une lumière douce et pratiquer une activité peu stimulante : lire quelques pages, écouter un contenu calme ou s’asseoir tranquillement.


Il est préférable d’éviter les activités susceptibles d’augmenter l’éveil, comme le travail, les réseaux sociaux, les jeux ou la consultation répétée de l’heure. Le retour au lit peut se faire lorsque les signes de somnolence réapparaissent.
Cette stratégie s’inscrit dans le contrôle du stimulus, une technique de la TCC-I qui vise à réassocier le lit au sommeil plutôt qu’à l’anxiété.

Remettre en question les scénarios catastrophiques

Il ne s’agit pas de se convaincre qu’une mauvaise nuit n’aura aucune conséquence. La fatigue peut réellement affecter la concentration, l’humeur et la vigilance. L’objectif est de distinguer les conséquences possibles des prédictions absolues.
La pensée « Si je dors mal, je serai incapable de faire quoi que ce soit demain » peut être examinée à partir de questions simples :

  • Cette prédiction s’est-elle toujours réalisée ?
  • Qu’ai-je déjà réussi à faire après une nuit difficile ?
  • Quelles activités peuvent être maintenues ?
  • Quelles tâches pourraient être adaptées ou reportées ?
  • Est-ce que je confonds une journée plus difficile avec une journée totalement impossible ?

Formulation plus réaliste : « Une mauvaise nuit risque de rendre la journée plus fatigante, mais elle ne permet pas de prévoir avec certitude tout ce que je pourrai ou non accomplir. »
 

Donner une place aux inquiétudes avant la soirée

Les pensées qui apparaissent au coucher ne concernent pas toujours uniquement le sommeil. Elles peuvent porter sur le travail, la famille, la santé, les finances ou les décisions à prendre.
Une solution consiste à prévoir dans la journée un moment consacré aux inquiétudes : noter les sujets préoccupants, distinguer ceux sur lesquels une action est possible et programmer les prochaines étapes.


La règle de 18 h 30 propose précisément de réserver un créneau aux préoccupations avant la période du coucher. L’horaire peut être adapté : le principe essentiel est de ne pas attendre d’être au lit pour commencer à traiter mentalement les problèmes de la journée.

Ne pas modifier seul un traitement du sommeil

Face à la peur de ne pas dormir, certaines personnes se tournent vers un somnifère ou un anxiolytique afin de retrouver rapidement du sommeil. Ces traitements peuvent avoir une place dans certaines situations, sur indication médicale.


Ils ne traitent toutefois pas toujours les mécanismes qui entretiennent l’insomnie, comme les croyances anxieuses, l’hypervigilance ou les associations négatives avec le lit. À l’inverse, la peur de ne plus pouvoir dormir sans médicament peut parfois devenir une source supplémentaire d’inquiétude.


Il est important de ne pas interrompre brutalement un traitement hypnotique ou anxiolytique. Toute modification doit être discutée avec le médecin prescripteur.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la place du psychologue et des somnifères en cas d’insomnie.

Quand faut-il consulter pour une peur de ne pas dormir ?

Il est fréquent de traverser ponctuellement une période de sommeil perturbé, notamment lors d’un événement stressant, d’un changement de rythme ou d’une difficulté personnelle.

  • Un accompagnement peut être utile lorsque :
  • les difficultés de sommeil persistent ;
  • la peur du coucher devient fréquente ;
  • les préoccupations liées au sommeil occupent une grande partie de la journée ;
  • l’insomnie a un retentissement important sur l’humeur, la concentration, la vie sociale ou professionnelle ;
  • la fatigue compromet la sécurité, notamment lors de la conduite ;
  • la personne augmente seule les doses d’un médicament ;
  • des symptômes d’anxiété ou de dépression sont également présents ;
  • les difficultés peuvent être liées à un autre trouble du sommeil ou à une maladie.

Une consultation permet de rechercher les facteurs qui contribuent aux difficultés et d’écarter d’autres causes possibles.


Les symptômes persistants peuvent notamment relever d’une insomnie chronique, mais seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic à partir d’une évaluation complète.
Une somnolence importante au volant, des difficultés respiratoires pendant la nuit, des pauses respiratoires observées par l’entourage, des comportements inhabituels pendant le sommeil ou une détresse psychologique marquée nécessitent un avis médical.
 

Comment la TCC-I aide-t-elle à réduire la peur de ne pas dormir ?

La thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie, ou TCC-I, ne cherche pas uniquement à augmenter le nombre d’heures de sommeil. Elle vise à identifier et à modifier les mécanismes qui entretiennent les difficultés2 .

  • les croyances anxieuses concernant le sommeil ;
  • la surveillance excessive de l’heure et de la fatigue ;
  • les horaires ou comportements qui fragilisent le rythme veille-sommeil ;
  • l’association entre le lit et l’éveil ;
  • les tentatives répétées pour forcer l’endormissement ;
  • les stratégies de compensation qui peuvent entretenir l’insomnie.

 

Le contrôle du stimulus

Il vise à renforcer le lien entre le lit et le sommeil et à réduire l’association entre le lit, l’éveil et la frustration.

La régulation du temps passé au lit

Elle permet de mieux ajuster le temps passé au lit au sommeil réellement obtenu. Cette technique doit être utilisée de manière structurée et adaptée à la situation de la personne.

Le travail sur les pensées

Il aide à repérer les croyances rigides et les scénarios catastrophiques, puis à élaborer des interprétations plus réalistes.

La psychoéducation sur le sommeil

Elle permet de mieux comprendre les mécanismes du sommeil, les variations normales entre les nuits et les facteurs qui influencent l’endormissement.

La gestion de l’activation mentale

Elle peut inclure des exercices portant sur les ruminations, l’attention, la relaxation ou la respiration, selon les besoins de la personne.

La TCC-I est recommandée comme traitement de première intention de l’insomnie chronique par plusieurs recommandations médicales3 . Elle peut être proposée en présentiel ou à distance, sous réserve que le dispositif utilisé repose sur une méthode structurée et ait fait l’objet d’une évaluation adaptée4 .
Découvrez également la méthode ThéraSomnia fondée sur les TCC de l’insomnie.

Questions fréquentes sur la peur de ne pas dormir

Pourquoi ai-je peur de ne pas dormir ?

La peur de ne pas dormir apparaît souvent après plusieurs nuits difficiles. Le cerveau finit par associer le coucher à un risque d'échec, de fatigue ou de difficultés le lendemain. Cette anticipation augmente l'état d'alerte et peut rendre l'endormissement plus difficile.

L'anxiété peut-elle provoquer une insomnie ?

L'anxiété active les mécanismes de vigilance du cerveau et de l'organisme. Or, l'endormissement nécessite une diminution progressive de cette activation. Les préoccupations, les ruminations et la peur de mal dormir peuvent donc favoriser l'apparition ou le maintien de difficultés d'endormissement et de réveils nocturnes.

L'insomnie peut également augmenter l'anxiété. Les deux phénomènes peuvent ainsi s'entretenir mutuellement.

Comment dormir quand on a peur de ne pas dormir ?

Il est généralement plus utile de réduire la pression autour du sommeil que d'essayer de provoquer directement l'endormissement. Plusieurs leviers peuvent aider :

  • ne plus regarder régulièrement l'heure ;
  • remplacer l'obligation de dormir par une routine de préparation ;
  • quitter temporairement le lit lorsque l'éveil devient source de tension ;
  • remettre en question les prédictions catastrophiques ;
  • réserver un moment dans la journée pour traiter ses préoccupations.

Lorsque la peur persiste, une TCC-I peut aider à agir de manière structurée sur les mécanismes qui entretiennent l'insomnie.

Comment arrêter de penser au sommeil ?

Chercher à ne plus penser au sommeil est souvent contre-productif. Plus la personne essaie de supprimer une pensée, plus elle risque de vérifier si celle-ci est toujours présente.

Il est préférable d'accueillir la pensée sans chercher immédiatement à la combattre, puis de ramener doucement son attention vers une activité calme, une sensation corporelle ou la respiration.

Faut-il rester au lit lorsqu'on ne dort pas ?

Lorsque l'éveil se prolonge et que la frustration augmente, il peut être préférable de se lever temporairement pour pratiquer une activité calme dans un environnement peu stimulant.

Le retour au lit se fait lorsque la somnolence réapparaît. Il n'est pas nécessaire de surveiller précisément le nombre de minutes écoulées : le principal indicateur est l'augmentation de la tension ou de l'agacement.

Une mauvaise nuit est-elle dangereuse ?

Une mauvaise nuit ponctuelle est généralement désagréable et peut réduire la vigilance, la concentration ou la patience le lendemain. Elle ne signifie pas pour autant que le sommeil est définitivement perturbé.

Il convient néanmoins d'adapter les activités qui présentent un risque en cas de somnolence, notamment la conduite. Lorsque les mauvaises nuits se répètent ou ont un retentissement important, il est recommandé de consulter.

Quand consulter pour une insomnie anxieuse ?

Une consultation est recommandée lorsque les difficultés persistent, lorsque la peur du coucher devient fréquente ou lorsque la fatigue affecte significativement le fonctionnement quotidien.

Un professionnel pourra identifier les facteurs qui entretiennent l'insomnie, rechercher d'éventuels troubles associés et proposer une prise en charge adaptée.

Sortir du cercle vicieux de la peur de ne pas dormir

La peur de ne pas dormir peut devenir un facteur important de maintien de l’insomnie. Après plusieurs mauvaises nuits, la personne commence à anticiper les difficultés, à surveiller son sommeil et à vouloir contrôler l’endormissement.

Ces réactions sont compréhensibles, mais elles peuvent maintenir le cerveau dans un état d’alerte incompatible avec le sommeil.
Sortir de ce cercle vicieux ne consiste pas à trouver une méthode permettant de forcer le sommeil. Il s’agit plutôt de diminuer progressivement la pression, de réduire les comportements de surveillance et de retrouver une relation plus confiante avec la nuit.
Une mauvaise nuit reste inconfortable. Elle ne remet toutefois pas à elle seule en cause la capacité de l’organisme à produire du sommeil.
 

Comment ThéraSomnia accompagne les personnes souffrant d’insomnie

ThéraSomnia repose sur les principes de la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie. Le programme propose une analyse personnalisée afin d’identifier les facteurs qui entretiennent les difficultés de sommeil et de construire un parcours adapté.

Il permet notamment de travailler sur :

  • les croyances qui augmentent la peur de ne pas dormir ;
  • les ruminations et l’activation mentale ;
  • les comportements qui entretiennent l’éveil au lit ;
  • les horaires et les habitudes de sommeil ;
  • la restauration d’une association positive entre le lit et le sommeil.

L’objectif n’est pas de promettre des nuits parfaites, mais d’aider chaque personne à mieux comprendre son sommeil, à diminuer les mécanismes qui entretiennent l’insomnie et à retrouver progressivement davantage de confiance.

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