Lumière et luminothérapie

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Lumière et luminothérapie

La luminothérapie est un traitement de certains troubles du rythme circadien du sommeil provoqués ou spontanés. Quelles sont les personnes concernées par ces troubles et comment les traiter ?

Les effets de la lumière sur l'organisme et le sommeil

On se lève approximativement à la même heure, fin de sommeil exceptée, après le lever du soleil en été, et avant en hiver, et on se retire en général après le coucher du soleil en été et en hiver. Cela est dû à la rythmicité de l’oscillateur circadien ou « horloge biologique » localisé dans le noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus antérieur (structure du système nerveux central de seulement quelques centimètres, située sur la face ventrale du cerveau). La période de cette horloge biologique est légèrement supérieure à 24 heures, exactement 24 heures 18 min. Elle est quotidiennement ajustée à celle de l’environnement grâce à l’exposition le matin à la lumière, agissant par l’intermédiaire du faisceau rétino-hypothalamique entre la rétine et l’hypothalamus.

Troubles du rythme circadiens de la veille et du sommeil

Il en est de deux types, provoqués et spontanés, provoqués dans le cas des travailleurs postés et des personnes effectuant des vols transméridiens (est-ouest ou ouest-est), spontanés dans le cas de perturbations de l’horloge biologique, syndromes de retard ou d’avance de phase des rythmes circadiens.

Que se passe-t-il chez ces sujets ?

1) Chez le travailleur posté, l’inertie du rythme circadien veille/sommeil fait que son horloge biologique tend à demeurer en phase avec les synchroniseurs de l’environnement et que l’adaptation aux changements d’horaires de sommeil (la synchronisation de l’horloge biologique avec les synchroniseurs de l’environnement) demande au minimum plusieurs jours pendant lesquels le sujet va encore avoir envie de dormir la nuit, alors qu’il est au travail, et avoir envie d’être éveillé le jour, alors qu’il voudrait dormir.

Quant au voyageur des vols transméridiens, son horloge biologique n’est plus en phase avec les synchroniseurs locaux de l’environnement à son lieu d’arrivée, en avance de phase lors d’un vol vers l’ouest (Paris-Los Angeles) et en retard de phase lors d’un vol vers l’est (Paris-Hong Kong), et comme dans le cas précédents il va falloir plusieurs jours pour que son horloge biologique se synchronise avec les synchroniseurs du nouvel environnement, d’où un inconfort généralisé en attendant la resynchronisation..

2) Chez les sujets atteints de troubles spontanés du rythme circadien du sommeil, l’horloge biologique est en retard sur les synchroniseurs de l’environnement dans le cas du syndrome de retard de phase du sommeil, les sujets s’endorment à une heure avancée de la nuit et se réveillent en fin de matinée ou en début d’après-midi, ou en avance sur les synchroniseurs de l’environnement dans le cas du syndrome d’avance de phase du sommeil, les sujets tombant de sommeil en fin d’après-midi et se réveillant vers 4 ou 5 heures du matin

Comment traiter ces troubles ?

1) Chez les premiers, par la lumière

Compte tenu de l’action de la lumière sur l’horloge biologique par l’intermédiaire de la rétine et du faisceau rétino-hypothalamique, de la lumière appliquée à un certain moment des 24 heures va pouvoir accélérer la resynchronisation de l’horloge biologique avec les synchroniseurs de l’environnement :

Dans le cas du travailleur de nuit on conseille l’exposition à la lumière pendant la nuit et la protection contre la lumière au retour au domicile et avant le coucher le matin.

Dans le cas du voyageur transméridien on conseille l’exposition à la lumière solaire dès l’arrivée au lieu de destination, c'est-à-dire de ne pas dormir quand il fait jour

2) Chez les seconds, par la luminothérapie

La luminothérapie correspond à l’exposition à une lumière vive (=2000 lux) délivrée par des lampes spéciales. L’exposition se fait le matin chez le sujet atteint du syndrome de retard de phase du sommeil et le soir chez le sujet atteint du syndrome d’avance de phase du sommeil. L’heure et la durée d’exposition à la lumière doivent être calculées soigneusement pour éviter un effet inverse à l’effet recherché

Si la luminothérapie a déjà fait ses preuves, il est cependant nécessaire de rester vigilant, notamment pour les lampes, qui restent les plus utilisées. Attention aux arnaques ! Il est important de prêter attention à la qualité du produit : vérifiez que le sigle CE 0459 apparaît bien sur l'appareil. S'il n'apparaît pas, la lampe n'est pas considérée comme une lampe de luminothérapie par la communauté européenne. Certaines entreprises proposent des lampes sans filtre efficace ou sans diffusion de la lumière comme les petites LEDS de luminothérapies bleues et blanches. Si ces lampes ont connu beaucoup de succès, elles sont néanmoins réellement nocives pour les yeux. Attention également à l'application de luminothérapie sur smartphone : celle-ci n'est pas efficace et les créateurs ont été condamnés.

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