Travail de nuit : quelles conséquences sur le sommeil ?

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Travail de nuit : quelles conséquences sur le sommeil ?

Aujourd'hui, près de 15% des salariés travaillent la nuit, et ce chiffre ne cesse d'augmenter. Et si vous lisez cet article, c'est que vous en faites sûrement partie. Voici nos explications et conseils pour mieux gérer votre sommeil malgré ce décalage.

Travail de nuit = somnolence et insomnie

Vous avez du mal à rester éveillé la nuit pour travailler et pourtant vous peinez à dormir le jour. Vous n'êtes pas le seul : la moitié des travailleurs de nuit disent avoir des troubles du sommeil. Et pour cause : nous obéissons à un rythme circadien alternant phases d'activités et phases de sommeil. Ce rythme circadien est régi par notre « horloge biologique », ensemble de neurones situé à la base du cerveau (noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus) qui le contrôlent, en relation avec la sécrétion d’une hormone, la mélatonine. La sécrétion de la mélatonine dépend d’influx nerveux véhiculés de la rétine à l’hypothalamus et de l’hypothalamus à l’épiphyse, sous contrôle noradrénergique. En présence de lumière la transmission noradrénergique est inhibée et en conséquence la synthèse de mélatonine, d’où la facilitation de la veille. Au contraire, à l’approche de la nuit, la transmission noradrénergique est activée, la synthèse de la mélatonine stimulée, et le sommeil facilité. Travailler de nuit va perturber cette régulation circadienne et ainsi entraîner de la difficulté à demeurer éveillé la nuit et à dormir le jour.

Les traitements habituels contre l'insomnie et la somnolence : sont-ils réellement bénéfiques dans le cas de travail de nuit ?

Les méthodes les plus connues pour réagir face à la somnolence et limiter l'insomnie sont les stimulants d’une part, les somnifères et dans certains cas la mélatonine d’autre part. Les uns et les autres présentent avantages et inconvénients.

Les stimulants comme la caféine permettent de « réveiller » grâce à leur effet excitant, mais posent problème : maux de tête, nervosité ou encore insomnie peuvent apparaître si leur consommation est trop importante. Quant aux médicaments favorisant l’éveil, modafinil et amphétamines, ils ne sont pas admis pour le traitement de la somnolence du travail de nuit en France. Les somnifères de leur côté ne sauraient être pris à long terme du fait des risques de tolérance et de dépendance. Enfin la mélatonine a été essayée dans le cadre de protocoles thérapeutiques mais il n’y pas encore d’arguments suffisants en faveur d’une prise régulière, ni sur le plan de l’efficacité ni sur celui de la sécurité

Les stratégies efficaces pour contrer somnolence et insomnie du travail de nuit, sans nuire à sa santé

Des stratégies existent pour mieux dormir sans risquer de se détruire la santé.

La première est l’utilisation de la lumière, luminothérapie, sur le lieu de travail et la limitation de la lumière (port de lunettes de soleil) lors du trajet de retour et à l’arrivée à la maison. La seconde est de faire une longue sieste avant le début du poste et si possible une courte sieste au moment du minimum thermique vers 4 h du matin. D’autres méthodes ont encore leur place, aménager sa chambre pour éviter lumière et bruits du jour, avoir une bonne hygiène du sommeil, prendre un repas dans la nuit, avoir de l’exercice physique le jour.

Si ces stratégies semblent à première vue peu efficaces ou peu pratiques, elles peuvent, en étant cumulées, réellement améliorer votre sommeil. Il suffit de s'y mettre !

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