Un réseau social pour l’insomnie

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Un réseau social pour l’insomnie

Les insomniaques ont désormais leur réseau social. Pour ne plus se sentir seul face à un trouble qui leur gâche la vie, nombre de personnes se retrouvent sur le réseau québécois Journal d’une insomnie collective. Sous forme de webdocumentaire, le site recense témoignages vidéos ou écrits d’un mal qui touche une grande population mais « se vit dans la solitude absolue ».

Créé par l’Office national du film – ONF – au Canada, le site est plutôt vu comme une œuvre collective, où le témoignage de chacun révèle un problème de société à large ampleur. En s’appuyant sur quelques chiffres alarmants, les créateurs du projet ont voulu faire naître une réflexion sur un mal qui touche beaucoup de monde et reste souvent sans solution durable.

Des chiffres sur l’insomnie

Parmi les chiffres alarmants révélés par le projet : 28 % des insomniaques canadiens utilisent l’alcool pour s’endormir alors que c’est un facteur aggravant. Sur le réseau Twitter on trouve en moyenne 100 références à l’insomnie par minute. Les français sont avec les Belges les plus grands utilisateurs de somnifères au monde, 12 % des insomniaques sont insatisfaits voire très insatisfaits de leur vie contre 4 % chez les bons dormeurs, 80 % des insomniaques sont en permanence atteints par la peur, la nervosité et l’angoisse.

Le paradoxe : Internet comme cause de l’insomnie, mais aussi témoin

Alors qu’Internet est accusé d’être l’une des causes d’insomnie, Hughes Sweeney a cherché à réutiliser le média en cause pour trouver le mal à la source. Il a recruté des personnes souffrant d’insomnie sévère sur les réseaux sociaux, les invitant à témoigner sous forme visuelle, sonore ou écrite. On saisit alors un vrai mal-être : épuisement, thérapie sans effets, dépression, prise de poids… L’intérêt est de saisir comment chacun vit son insomnie, quel est son ressenti : « J'ai fait la paix avec mon sommeil et accepté de ne dormir que quatre ou cinq heures » témoigne Fatiha.

Une œuvre d’art au service du mal-être

Comme un journal intime, cette expérience sera présentée au Musée national des beaux-arts du Québec. Chacun pourra s’exprimer sur son propre vécu, alors que des projections de 2000 commentaires créeront le face à face.

Sans proposer de solution, l’œuvre est déjà un bon moyen de se sentir moins seul. Elle pourrait avoir une véritable action cathartique. Guillaume Braun, le réalisateur, y voit l’intérêt de s’interroger sur les sources d’un mal si répandu.

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